Me voilà de nouveau seule après avoir passé trois jours avec ma pote Emilie.
Navette pour l’aéroport prise au milieu de la nuit, alors, ben, on ne s’est pas couchées !^^
Ce séjour a été aussi bien rempli que celui d’Aurélie.
Première aprèm tranquille à faire un petit tour dans mon quartier, à faire un peu
les magasins, à grignoter un bout quelque part, à papoter de tout et de rien… On a quand même décidé d’aller se prendre un verre dans un pub de Temple Bar où Yliyès nous a rejoint. Encore de la
bonne musique à faire découvrir à Emilie qui ne connaissait pas du tout l’Irlande. Bonne soirée.
Lendemain, on a fait des visites dans Dublin. Je voulais absolument voir le
Guinness Storehouse (visite de la brasserie de Guinness) et on a également décidé de visiter le Famine Ship Museum (un bateau qui retrace l’histoire de la grande famine en Irlande). Heureusement
qu’on était passées devant la veille, sinon j’aurais complètement zappé qu’il y avait ca à Dublin. Ça aurait été dommage parce que c’était vraiment très intéressant. D’ailleurs, ça aurait plu à
Aurélie. Rien qu’avec ces deux visites, la journée a été remplie !
La visite du bateau-musée de la famine nous a vraiment plu, notamment parce que
le guide était très intéressant et faisait très bien son boulot (ce qui n’est pas souvent le cas dans une visite guidée !). D’ailleurs, on a discuté après la visite et il m’a dit qu’il y a
des postes à pourvoir sur Dublin pour faire des visites de ville dans les Bus ou autres… C’est bon à savoir pour plus tard, si jamais… C’était une visite en anglais bien sûr. Et même pas besoin
de faire l’interprète pour Emilie, elle a plutôt bien géré la compréhension !^^
La famine étant une période hyper importante dans l’histoire de l’Irlande, en
voici quelques explications.
La Grande Famine (en irlandais An Gorta Mór ou An Drochshaol, en anglais the
Blight, The Irish Potato Famine ou The Great Famine) est le nom donné à une famine majeure en Irlande entre 1845 et 1849. Cette catastrophe fut en grande partie le résultat de cinquante années
d'interactions désastreuses entre la politique économique impériale britannique, des méthodes agricoles inappropriées et l'apparition du mildiou sur l'île, un champignon parasite qui anéantit
pratiquement d'un coup les cultures locales de pommes de terre, nourriture de base des paysans irlandais.
La révolte des catholiques irlandais contre Oliver Cromwell entraîna en 1649 une
répression brutale et la mise en place des Penal laws destinées à les discriminer. Parmi cette série de mesures, le Property Act instituait que les terres des catholiques, au lieu d'être
transmises au fils aîné, devaient être divisées entre tous les fils d'une même famille, ce qui entraîna une baisse importante de la taille des exploitations agricoles et une vulnérabilité
croissante de leurs exploitants. Pour subsister, les Irlandais pratiquèrent surtout la culture de la pomme de terre, nourrissante et ne nécessitant que peu d'espace pour être cultivée. Par
ailleurs, beaucoup de paysans n'étaient pas propriétaires de leur terre et devaient payer un loyer à un landlord protestant et britannique.
La venue d'Europe continentale du mildiou, un champignon appelé Phytophtora
infestans, alliée à l'humidité du climat, provoqua une forte chute, de l'ordre de 40 %1, de la production de pomme de terre en 1845 et entraîna une famine de grande ampleur. Contrairement à ce
qui s'était passé pendant la famine de 1780, les ports irlandais restèrent ouverts sous la pression des négociants protestants et l'Irlande continua à exporter de la nourriture. Alors que dans
des régions de l'île des familles entières mouraient de faim, des convois de nourriture appartenant aux landlords, escortés par l'armée, partaient vers l'Angleterre. Certains propriétaires
expulsèrent même leurs paysans, y compris s'ils étaient en mesure de payer leur loyer comme lors du Ballinglass Incident. Malgré tout, en 1845, la pénurie ne fut pas de plus grande ampleur que
d'autres crises régionales précédentes qui ne sont pas restées dans les mémoires. Ce n'est que l'anéantissement de la récolte de pomme de terre au cours de trois des quatre années qui suivirent
qui entraîna la famine et les épidémies auxquelles les institutions de secours, qu'elles soient gouvernementales ou privées, s'avérèrent incapables de faire face1.
S'il n'existe pas de décompte officiel du nombre de décès entre 1846 et 1851,
diverses estimations récentes évaluent à un million le nombre total de victimes, particulièrement dans les comtés les plus pauvres1. La Grande Famine eut d'ailleurs des conséquences importantes
en matière foncière, en accentuant le phénomène de concentration des terres et d'augmentation de la taille moyenne des exploitations souhaité par les landlords : entre 1841 et 1851, la part des
tenures de moins de cinq acres passa de 35 à 20 %, quand celle des tenures de quinze acres et plus augmenta de 31 à 48 % des terres agricoles irlandaises.
La famine perdura jusqu'en 1851, mais eut des répercussions pendant encore plus
longtemps, en particulier sur la démographie de l'Irlande. Aux morts de la famine, il faut en effet ajouter près de deux millions de réfugiés, et autant d'émigrants, essentiellement à destination
de la Grande-Bretagne, des États-Unis, du Canada et de l'Australie2. Si les émigrants venaient de toutes les régions d'Irlande, ils étaient plus nombreux à venir des comtés et des classes
sociales pauvres. L'émigration irlandaise de l'époque se caractérisait en outre par la plus grande part de femmes à s'exiler, contrairement à ce que l'on pouvait constater généralement dans les
autres pays2. En tout, la population irlandaise baissa de près d'un quart en dix ans, passant de huit à environ six millions de personnes. L'émigration devint dès lors un phénomène structurel2 :
elle se poursuivit jusqu'en 1911, date à laquelle la population irlandaise tomba à 4,4 millions de personnes, soit son niveau de 1800.
Les Irlandais accusèrent le Royaume-Uni de les avoir volontairement abandonnés.
L'armée britannique possédait les plus grandes réserves alimentaires d'Europe, qu'elle refusa de partager. Cette catastrophe est à l'origine d'un renouveau du nationalisme irlandais, se
traduisant notamment par la naissance du mouvement Young Ireland.
Voilà voilà. Super visite faite dans la réplique d’un bateau qui transportait des
émigrants irlandais au Canada, aux USA… J’ai fait un album photo là-dessus à regarder sur le blog.
La visite du Guinness Storehouse a été très rigolote. Elle se fait dans un
bâtiment très moderne de 7 étages et qui a la forme d’un verre de Guinness géant. Je crois que ce verre pourrait contenir l’équivalent de 3 millions de vraies pintes de Guinness ! LOL. Les
installations sont vraiment bien pensées et intéressantes pour expliquer le processus de fabrication de la Guinness. On a également le droit à une petite dégustation au milieu de la visite et le
ticket d’entrée donne accès à un bar en altitude pour boire une pinte de Guinness gratuite tout en admirant la vue sur tout Dublin. Magique ! Très drôle parce que tu ressors de la visite un
peu éméché, surtout quand tu dois boire la moitié de ta pinte en 5mn parce que tu es pressée par le temps ! Avec Emilie, on s’en souviendra.
En plus, la Saint Patrick approche (17 mars), et c’est en gros la fête de la
Guinness ! Une vraie orgie ! Et comme c’est la fête la plus importante en Irlande, c’est une grosse organisation. Au Guinness Storehouse, ils proposent donc au public de s’enregistrer
et de faire une photo pour les aider à organiser l’évènement. Emilie et moi nous étions les 60030 et 60031 visiteurs, il me semble ! Et quand on a fini la visite, 2h après, le conteur avait
augmenté de 300 personnes !
Allez, quelques explications sur la Guinness aussi.
La Guinness est produite à partir d'eau, de malt d'orge, de houblon et de levure
de bière.Une partie de l'orge est cuite à la vapeur, puis torréfiée pour donner à cette stout sa couleur et sa saveur caractéristiques. L'orge utilisée provient exclusivement d'Irlande, tout
comme l'eau qui est pompée à la source Lady's Well dans les montagnes de Wicklow. Contrairement aux rumeurs, la Guinness est bien pasteurisée et filtrée depuis les années
1940.
En dépit de sa réputation de « repas dans un verre », la Guinness ne contient que
198 kilocalories par pinte, soit 838 kilojoules (1 460 kJ/L), ce qui est inférieur à une portion égale de lait écrémé ou de jus d'orange.
La Guinness Draught contient de l'azote ainsi que du dioxyde de carbone. L'azote
étant beaucoup plus soluble que le dioxyde de carbone14, la bière est sous pression sans être pétillante. La pression provoque la formation de fines bulles qui sont à l'origine de l'effet « surge
& settle » (montée subite & retombée). La douceur de cette Guinness est due à son faible niveau de dioxyde de carbone et à son chapeau crémeux.
La Guinness Original Extra Stout a un goût plus acide car elle contient seulement
du dioxyde de carbone (le dioxyde de carbone en solution dans l'eau forme de l'acide carbonique). Les Guinness Foreign Extra Stout et Special Export Stout sont plus proches de la Guinness du XIXe
siècle, laquelle était plus lourde et plus alcoolisée15.
La Guinness est en règle générale de préférence servie fraîche, à 6 °C1. Elle a
également besoin d'une tireuse spécifique à azote afin d'être servie à la pression (les autres bières utilisant principalement du dioxyde de carbone). L'action de l'azote exige plus de temps que
le dioxyde de carbone et forme de plus petites bulles. Ces bulles forment une mousse dense, crémeuse et relativement persistante. Selon les « règles » du service d'une Guinness, une pinte
(environ 50 cl) demande près de 2 minutes (119,5 secondes selon la brasserie1) pour être tirée, cela en grande partie dû au fait que les barmans doivent remplir tout d'abord la pinte à 70-80%,
attendre que les bulles se stabilisent et que le chapeau de crème redescende avant de terminer de servir la pinte20. Cette règle est principalement observée en Irlande et il est relativement
courant que les touristes de passage commencent à boire leur pinte alors que leur verre n'est pas encore complètement rempli, provoquant ainsi l'hilarité des habitués20. La brasserie Guinness a
d'ailleurs beaucoup communiqué sur le fait que « de bonnes choses viennent à ceux qui attendent » ("good things come to those who wait").
Une légende veut que le service en deux temps de la guinness ait une origine
religieuse. Arthur Guinness aurait commencé à se servir quand sonna l'heure des vêpres (prière durant laquelle on stoppe toute activité pour le recueillement). Il du s'arrêter de remplir sa pinte
pour ne reprendre que quelques minutes plus tard. Sa Guinness lui sembla meilleure, et généralisa cette méthode de service en deux temps.
Selon une tradition, il est dit que lorsqu'une Guinness est servie à la pression,
on doit pouvoir dessiner un trèfle (symbole national irlandais) dans la mousse car celle-ci doit être épaisse. Si le trèfle s'efface ou qu'il est impossible d'en faire un, le client peut, s'il le
veut, ne pas payer sa Guinness.
J’ai aussi fait un album photo sur cette visite. J’espère que ça va vous donner
envie de vous savourer une bonne pinte ! ^^
Je peux vous dire qu’après ça, Emilie et moi, on a décidé de passer une soirée
plutôt tranquille. D’autant qu’on devait se lever tôt le lendemain pour faire un tour guidé dans le Wicklow. Encore une fois avec un guide super, qui nous chantait des petites chansons typiques
dans le bus et qui nous tapait la causette en français parce qu’il a vécu en France pendant un moment.
On a donc passe du temps dans le Wicklow, une région au Sud de Dublin.
Magnifique, un parc national préservé donc avec des restes de villages monastiques très anciens, des forets, des lacs… Glendalough (nom gaélique qui signifie La vallée des deux lacs) est sans
aucun doute mon endroit préféré en Irlande. C’est un lieu vraiment très beau et magique. Je crois qu’Emilie l’a ressenti aussi. Le genre d’endroit qui donne envie de rester en Irlande ou d’y
revenir… J’ai d’ailleurs eu un petit moment difficile, de doutes, de tristesse, etc, au sujet de mon départ. C’était inévitable, je pense. Maintenant ça va mieux parce que je sais que j’ai pris
la bonne décision, mais il n’est pas impossible que je refasse un séjour en Irlande d’ici quelques temps, que j’y retourne régulièrement. Je m’y sens vraiment bien.
Après Glendalough, on est allées jusqu’à Kilkenny, une petite ville médiévale.
Charmante.
Tout ça, je l’avais déjà vu avec Zoe il y a deux ans, mais je voulais y retourner
et le montrer à quelqu’un. Emilie a vraiment apprécié. C’était une très bonne excursion pour son dernier jour. Album photo à regarder.
Dernier jour qui s’est terminé par une petite bouffe et quelques verres au Celt.
Marine, Martin et Benoit (mon remplaçant) nous ont rejoint. Bonne soirée aussi. C’était sympa de pouvoir présenter tout ce petit monde à Emilie, de
les revoir, de savoir comment ça se passe pour eux maintenant et de discuter avec Benoit. Je suis contente. Et puis, on a terminé la soirée à discuter avec deux irlandais qui nous regardaient de
loin depuis un moment et qui se sont révélés être très sympas et rigolos ! Encore une fois, une rencontre d’un soir à apprécier sur le moment, mais qui ne donnera pas de suite. On se sépare
en se disant «A bientôt, j’espère. Content de t’avoir rencontré. » Ça me fait toujours autant marrer ce principe-là. Des mecs bien.
Et voilà.
Ça m’a fait plaisir de voir Emilie et de passer vraiment du temps avec elle. Ce
n’est pas souvent. En plus, ce n’est que son deuxième voyage à l’étranger alors c’est cool. On a bien discuté, rigolé… Des très bons moments.
Demain, Christophe arrive pour trois jours aussi. Ensuite, il sera temps de
vraiment préparer mon départ, de dire au revoir aux gens et d’accueillir mes parents avant de prendre le chemin de la France.
Un regret : pas de Connemara. Je me suis fait faux bond toute seule, faute
d’argent. Une raison de plus de revenir en Irlande…